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le 19 novembre 2008,7ème journée mondiale de lutte contre la BPCO

La Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) est responsable, chaque année, de 100 000 hospitalisations et de près de 16 000 décès, soit 3 % des décès en France.

C’est une maladie grave et handicapante des poumons caractérisée par une obstruction incomplètement réversible des voies aériennes.

Nouvelle mobilisation en France le 19 novembre pour sensibiliser, informer et dépister...

  • Des actions de sensibilisation et de dépistage dans plus de 20 villes françaises, en collaboration avec les Comités départementaux de Lutte contre les Maladies Respiratoires et la Fédération Française des Associations et Amicales des malades Insuffisants ou handicapés Respiratoires (FFAAIR)
  •  Un site Internet :www.lesouffle.org pour connaître les initiatives de proximité, se procurer un dépliant d’information et un questionnaire permettant de déterminer si l’on est concerné par la maladie.
  • Une mobilisation des pharmaciens d’officine qui relaieront les messages de sensibilisation au moyen d’affiches et de brochures d’information.

Mieux comprendre la BPCO avec …

Le Professeur Gérard HUCHON,
Président du Comité National contre les Maladies Respiratoires (CNMR)

Le Professeur Nicolas ROCHE,
Pneumologue à l’Hôtel-Dieu (Paris)

Monsieur Jean-Claude Roussel,

Président de la Fédération Française des Associations

et Amicales des Insuffisants respiratoires (FFAIR)

I – Selon l’OMS la BPCO sera la 4ème cause de mortalité en 2030 ; cette maladie prête
encore à confusion avec la bronchite chronique, l’emphysème, l’asthme…

Professeur Gérard Huchon

    • Combien de personnes la BPCO concerne-t-elle ?

En France, on estime que 3 à 3,5 millions de personnes souffrent de BPCO, soit 7,5 % de la population adulte. Parmi eux, 1 million a atteint un stade symptomatique et 60 000 à 100 000 ont une insuffisance respiratoire qui nécessite l’administration continue d’oxygène, d’après les données  épidémiologiques les plus récentes.

La BPCO est responsable, chaque année, de 100 000 hospitalisations et de près de 16 000 décès, soit 3 % des décès en France.

De 1979 à 1999, les études épidémiologiques avaient mis en lumière une aggravation incontestable

de la situation, avec un taux annuel brut de mortalité augmenté de 21 % pour les hommes et de 78 %

pour les femmes.

Il est probable que, dans les pays développés, la situation va tendre à se stabiliser dans les années qui viennent, reflétant les modifications des habitudes tabagiques permises par les nombreuses mesures prises contre le tabagisme au cours des dernières années.

On note d’ailleurs une petite éclaircie dans les projections de l’OMS. Celle-ci prévoyait en effet que la BPCO deviendrait la 3ème cause de mortalité en 2020. Il est aujourd’hui prévu que cette maladie soit la 4ème cause de mortalité en 2030.

 

    • Les femmes sont-elles très touchées par la maladie ?

D’autres infléchissements de l’épidémiologie de la BPCO ont été repérés. Ils tiennent à la répartition

homme / femmes dans la maladie.

Comme les experts le prévoyaient, le nombre croissant de fumeuses se traduit aujourd’hui par un nombre grandissant de femmes atteintes.

Ainsi, il y a une vingtaine d’années, la proportion était de l’ordre de 80 % d’hommes et 20 % de femmes souffrant d’une BPCO. Aujourd’hui, l’écart se resserre. On dénombre 40 % de femmes pour 60 % d’hommes en France. Parallèlement, aux Etats-Unis, le rapport atteint 50% / 50 %.

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    • Pourquoi parle-t-on de BPCO et pas de bronchite chronique, terme mieux connu ?

La « sémantique » de la BPCO est compliquée, reflétant l’hétérogénéité des formes cliniques et les différents types de définitions utilisés : clinique, fonctionnelle respiratoire, anatomique (voir ci-dessous).

Cette complexité est certainement l’un des facteurs responsables de la mauvaise connaissance de la maladie dans le public, et même chez les soignants et les autorités.

 

BPCO et bronchite chronique ne sont pas du tout synonymes, même si elles ont plusieurs points communs et sont souvent associées.

 

Pour simplifier, on peut dire que :

  • la bronchite chronique n’est pas une maladie mais un symptôme (définition clinique) : il s’agit de la toux grasse matinale chronique, qui reflète l’exposition aux facteurs de risque,tabagisme avant tout.
  • La BPCO est, elle, une maladie chronique à part entière, elle aussi liée au tabac, et définie par le “O” qui symbolise l’Obstruction bronchique (définition fonctionnelle respiratoire).

Un fumeur peut donc avoir :

  • Une bronchite chronique sans obstruction bronchique (et donc sans BPCO) : on parle alors de bronchite chronique simple. Dans ce cas, l’arrêt du tabac entraîne le plus souvent la disparition progressive des symptômes : la bronchite chronique s’efface en quelques mois, voire un peu plus... Si cette bronchite chronique « simple » n’est pas une BPCO, elle traduit toutefois un risque plus élevé de développer cette maladie : il s’agit d’un signe d’alerte !
  • Une BPCO (c'est-à-dire une obstruction bronchique chronique) accompagnée ou non d’une bronchite chronique. Si la bronchite chronique est présente, elle peut disparaître à l’arrêt du tabac tandis que, par définition, l’obstruction bronchique et donc la BPCO persistera, de même que l’essoufflement et donc le handicap qui la caractérisent. Il ne faut donc surtout pas restreindre la recherche d’une BPCO aux malades qui ont une bronchite chronique : celle-ci peut avoir disparu si le tabagisme a cessé, ou même n’avoir jamais été présente tandis que se développait l’obstruction bronchique.

En pratique, si l’on considère une population de 100 fumeurs à un moment donné, tous âges

confondus :

  • 50% environ ont une bronchite chronique
  • 20% environ ont une BPCO
    Mais, si l’on considère maintenant 100 fumeurs qui, à l’âge de 65 ans, poursuivent leur tabagisme, 50% ont une BPCO.

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    • Quel rapport avec l'emphysème ?

    L’emphysème (définition anatomique : destruction du tissu pulmonaire) est l’un des mécanismes d’obstruction

    des voies aériennes. Il est diagnostiqué par un examen tomodensitométrique (scanner).

     

    Pour bien comprendre la relation BPCO – emphysème – bronchite chronique, il faut revenir aux deux grands mécanismes de l’obstruction bronchique dans la BPCO:
    • l’atteinte des bronches, dont la paroi est inflammatoire, épaissie et fibreuse, qui s’encombrent de sécrétions (d’où la bronchite chronique), et dont le muscle se contracte ;
    •  l’atteinte des poumons proprement dits (destruction des alvéoles, donc de la zone d’échange des gaz entre l’air et le sang), c'est-à-dire l’emphysème.

    En pratique, ces deux types de lésions coexistent chez les malades, à des degrés divers.

    Chez certains malades à un stade très précoce, des lésions emphysémateuses peuvent même être vues sur le scanner sans que l’obstruction bronchique soit encore apparue : il n’y a pas pour l’heure de BPCO à proprement parler, mais elle va survenir dans l’évolution, surtout si le tabagisme est poursuivi.


      • BPCO et asthme, quelle différence ?

    Asthme et BPCO sont clairement deux maladies différentes.

    L’asthme débute chez des personnes jeunes. Variable, il se caractérise par une alternance de crises aigues et de périodes de « calme » de la maladie, durant lesquelles les symptômes sont absents, spontanément ou sous l’effet des médicaments. La plupart du temps, l’asthme est lié à des facteurs allergiques.

    En revanche, la BPCO commence à un âge plus tardif et ne se traduit pas (au moins au début) par

    des événements spectaculaires. Permanente, insidieuse, elle s’aggrave progressivement, et de façon

    largement irréversible.


      • Comment expliquer que la BPCO reste encore si méconnue du public ?

    L’une des premières causes de la méconnaissance de la BPCO tient justement à son caractère

    sournois, insidieux… Contrairement à d’autres pathologies, dont l’événement inaugural est aigu et

    identifié rapidement, la BPCO s’installe progressivement.

    D’autres éléments renforcent la méconnaissance de cette affection respiratoire. Le sigle BPCO, “Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive”, est peu explicite d’autant plus qu’il ne contient pas le mot 

    " maladie ". Et il n’existe pas d’adjectif pour désigner autrement la maladie et faciliter l’implication des patients.

    Le développement de thérapeutiques capables de limiter le handicap et de retarder l’évolution a contribué à sortir la BPCO du silence et de l’ignorance et à susciter une meilleure connaissance de la maladie.

    Cependant, 2 patients sur 3 sont encore inconscients de leur état : ils ont une réelle obstruction bronchique mais ne se savent pas malades, le diagnostic n’ayant jamais été fait. Les symptômes toux et essoufflement sont négligés, banalisés à tort : 68 % de la population active souffrant de ces manifestations cliniques ne s’en inquiètent pas et ne consultent pas.

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        • Comment assurer un meilleur diagnostic ?

    Le diagnostic de la BPCO repose sur l’exploration fonctionnelle respiratoire (spirométrie complète), avec vérification de la persistance de l’obstruction après inhalation de médicament bronchodilatateur.

    Le dépistage peut être effectué avec des petits appareils portables, les minispiromètres, qui peuvent être utilisés en médecine générale, dans les pharmacies, etc. Ces petits appareils présentent l’avantage de repérer l’existence, ou non, d’une obstruction. Ils ont cependant une fiabilité moindre, car il peut être difficile pour le praticien non expérimenté de s’assurer de la qualité de la mesure effectuée, seule garante de la confiance qui peut être accordée au résultat. Ceci a deux conséquences :

    • Un trouble obstructif dépisté par minispirométrie doit toujours être confirmé par une spirométrie complète.
    • L’absence d’obstruction selon le minispiromètre doit aussi conduire à une spirométrie complète si le malade est symptomatique.

        • Le dépistage est-il largement effectué en France ?

    La situation actuelle est loin d’être satisfaisante. La mesure du souffle par un minispiromètre n’est pas entrée dans les habitudes, à la différence de la prise de la tension artérielle.

    Une thèse, soutenue à Lille en 2007, a montré que, dans un groupe de médecins généralistes formés, seuls 62 % utilisaient le mini-spiromètre. Les autres mettaient en cause le manque de temps, l’insuffisance de formation ou se fiaient davantage à l’interrogatoire du patient.

    Cet examen apparaît comme l’affaire de spécialistes, ce qui limite les possibilités d’exploration et complique le diagnostic tant dans l’esprit des médecins que des malades. Cette attitude présente plusieurs inconvénients :

    • Certains patients atteints de BPCO ne sont pas identifiés, ou sont considérés à tort comme des bronchitiques « simples » ou des asthmatiques, parce que la dimension obstructive n’est pas mise en évidence.
    • Certains patients sont « étiquetés » BPCO alors qu’ils souffrent d’un autre trouble respiratoire.

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        • Quand faut-il dépister une BPCO ?

    Si l’on attend que les symptômes soient visibles, on arrive trop tard. L’essoufflement apparaît alors que la capacité respiratoire a déjà diminué de moitié !

    Dès la quarantaine, il faut rechercher les facteurs de risque pour dépister les personnes susceptibles d’avoir une BPCO.

    Entrent dans ce cadre les fumeurs et les personnes exposées à des polluants, en particulier dans leur milieu professionnel. L’existence d’une bronchite chronique doit aussi faire rechercher la maladie car elle signale un risque plus élevé.


        • À quelles complications expose la BPCO ?

    Les patients ne font plus qu’avec difficulté ce qu’ils faisaient régulièrement d’habitude. Cette réduction d’activité fait entrer la personne dans un cercle vicieux. Le patient essoufflé bouge moins…. Comme il est moins actif, ses muscles fondent progressivement… Le moindre mouvement lui demande alors plus d’effort… L’essoufflement redouble… Le cercle vicieux est enclenché. Cet enchaînement

    « essoufflement - perte musculaire » le conduit progressivement à une perte d’autonomie : le handicap s’installe.

    Des exacerbations, périodes aigues d’aggravation de la maladie, surviennent régulièrement. Les patients mettent souvent du temps à récupérer après ces épisodes aigus. Le retentissement d’une exacerbation sur la vie quotidienne et la qualité de vie en général peut durer 1 mois, voire plus.

    À terme, la BPCO expose au risque d’insuffisance respiratoire, qui contraint le malade à recevoir de l’oxygène de façon continue et le place dans une situation à risque élevé d’exacerbation grave : on parle de « décompensation », qui peut aboutir à une insuffisance respiratoire aiguë avec séjour en réanimation et mise en jeu du pronostic vital.

    II – 90 % des BPCO résultent du tabagisme : l’arrêt du tabac est absolument obligatoire et il doit être complet, sans compromis !

    Professeur Gérard Huchon


        • Quel est le risque de développer une BPCO pour un gros fumeur ?

        • À partir de quelle quantité de tabac faut-il s’inquiéter ?

    Les données manquent pour estimer avec précision le risque de développer une BPCO en fonction de

    la quantité de tabac fumé. En effet, certaines personnes sont sensibles à la fumée de cigarettes, d’autres pas.

    En revanche, on a la certitude que plus on a fumé, plus on a de risque de développer une BPCO.

    On estime qu’à partir de 15 paquets année, c’est-à-dire 1 paquet par jour pendant 15 ans, le risque devient significatif. Attention, même pour une exposition moindre, le tabagisme constitue encore une menace dont il faut tenir compte.

    Si l’on considère tous les sujets de plus de 40 ans qui ont fumé 1 paquet/jour durant au moins 20 ans (ou 2 paquets/jour durant 10 ans), le risque moyen est de l’ordre de 30%.

    Mais, si un fumeur poursuit son intoxication jusqu’à 65 ans, il aura à cet âge un risque de 50% d’avoir développé une BPCO.

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        • L’âge de début du tabagisme a-t-il un retentissement ?

        • À quel âge le risque devient-il important ?

    On a longtemps estimé que le risque de BPCO chez les fumeurs était réel autour de la quarantaine. Mais les jeunes fument de plus en plus tôt ! Par conséquent, l’adolescent fumeur risque de développer une BPCO plus précocement. Ainsi, quelqu’un qui a commencé à fumer à 15 ans peut développer une BPCO vers la trentaine.

    D’après une récente enquête, à 16 ans, 6 élèves sur 10 déclarent avoir déjà fumé. L’usage quotidien du tabac concerne près d’1 adolescent sur 5. Et 1 élève sur 3 a usé d’un narguilé pour fumer du tabac. La banalisation du cannabis aggrave encore la situation. Tout comme le tabac, le cannabis expose des poumons jeunes à l’inhalation de produits de combustion.

    L’impact du tabagisme chez les adolescents est d’autant plus grand que la fumée de cigarettes est

    nocive pour la croissance pulmonaire, qui ne s’achève qu’à l’âge de 20 ans.


        • Peut-on avoir une BPCO sans avoir jamais fumé ?

    Oui ! Le tabac n’est pas le seul coupable, même si 9 BPCO sur 10 lui sont dues. D’autres populations

    peuvent avoir une BPCO si elles ont été exposées dans leur vie professionnelle à des polluants, des gaz, des fumées : de telles conditions se retrouvent chez les sujets qui ont travaillé dans l’industrie textile, l’agriculture, les mines…

    L’exposition à des fumées est observée également dans les lieux où l’on fait la cuisine dans des lieux clos, autour du feu, en Afrique ou en Asie principalement. Il faut signaler aussi quelques rares cas de formes génétiques.


        • L’arrêt du tabac est-il impératif ?

        • Que dire aux patients quant à l’impact de ce sevrage?

    Aucun doute n’est possible, l’arrêt du tabac est absolument obligatoire et doit être complet. Sanscompromis ! Les minimes consommations que veulent s’autoriser certains patients sont autant de portes ouvertes à la reprise.

    Le sevrage tabagique ne permet pas de regagner ce qui a été perdu, mais cette mesure présente un intérêt majeur : elle arrête l’évolution de la maladie. La fonction respiratoire cesse son déclin accéléré.

    Le patient qui cesse de fumer se sent mieux et sa maladie est stabilisée. Il n’y a plus d’aggravation de la BPCO.

    De surcroît, les symptômes liés à la bronchite chronique qui accompagne souvent la BPCO, c’est-à dire

    la toux et l’expectoration, régressent si le sevrage tabagique a eu lieu assez précocement.


        • Est-il plus difficile d'arrêter de fumer pour les malades atteints de BPCO ?

    Le sevrage n’est pas facile pour un patient atteint de BPCO. Son importante consommation de tabac l’a ancré progressivement dans ses mauvaises habitudes. Cependant, une étude a démontré que les fumeurs chez qui l’on avait dépisté une obstruction bronchique étaient plus motivés pour mettre un terme à leur tabagisme et y parvenaient mieux que les fumeurs du groupe témoin, sans obstruction des voies aériennes.

    Le sevrage tabagique reste une étape difficile. Le tabagisme est une addiction, c’est-à-dire une maladie dont il est malaisé de guérir. Mais tous les médecins se liguent pour aider les patients dans cette lutte de tous les jours, en les motivant, en les conseillant et en les adressant à des consultations spécialisées.

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    III – Une prise en charge adaptée permet d’enrayer ou de ralentir l’évolution de la maladie


    Professeur Nicolas Roche


          • Quelles sont les mesures essentielles de prise en charge ?

    Le diagnostic conduit à mettre en oeuvre des mesures qui enrayent, ou ralentissent l’évolution, et permettent de réduire le handicap :

    • L’arrêt du tabac
    • La prescription de médicaments appelés « bronchodilatateurs », administrés sous forme inhalée
    • Un ré-entraînement à l’effort, appelé réhabilitation respiratoire, dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire
    • La vaccination contre la grippe et contre le pneumocoque. A cet égard, la vaccination contre la grippe reste encore insuffisamment effectuée chez les patients (65 %) et doit progresser.

    Ces démarches ont d’autant plus de chances d’être efficaces qu’elles sont mises en oeuvre tôt.

    Plus les patients sont traités précocement, plus l’on pourra regagner de la fonction respiratoire et réduire le handicap.

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        • A part arrêter de fumer, que peuvent faire les malades?

    Au-delà du sevrage tabagique, les patients doivent être suivis régulièrement, prendre leurs médicaments … Et bouger, c’est-à-dire tout faire pour retrouver une activité physique proche de la

    normale. Certes, ce dernier point demande des efforts et de la persévérance, mais c’est ce qui permet

    de retrouver une qualité de vie acceptable.


        • Qu'est-ce que la "réhabilitation respiratoire" ?

    Il s’agit d’un programme de soins destiné à rendre le malade capable de vivre bien, avec une idée de retour et de réinsertion dans la vie normale, aussi bien physiquement que socialement.

    Cette prise en charge, personnalisée en fonction de chaque patient, inclut des soins médicaux de rééducation musculaire et, si besoin, respiratoire, une éducation thérapeutique, une aide au sevrage tabagique ainsi qu’un soutien diététique et psychosocial adapté.

    Le réentraînement à l’exercice en est une composante essentielle et a démontré son efficacité. La réhabilitation respiratoire permet de diminuer la dyspnée dont souffre le patient. À terme,elle améliore largement la tolérance à l’effort et, en corollaire, sa qualité de vie.

    En pratique, la réhabilitation respiratoire commence par un stage de 20 à 30 séances. En fonction des souhaits du malade et des possibilités, celles-ci ont lieu dans un centre hospitalier, ou dans un centre de rééducation où se rend le malade, ou encore avec un kinésithérapeute, voire à domicile, au rythme de 3 à 4 séances par semaine.

    Notion très importante, les acquis de ce réentraînement à l’effort doivent être maintenus par la

    poursuite d’activités dans la vie quotidienne. Un malade qui n’entretient pas sa forme risque de

    reperdre le bénéfice acquis.

    La réhabilitation respiratoire inclus une approche éducative, qui vise à expliquer aux patients à bien utiliser leurs médicaments et à bien gérer les exacerbations. Elle a également pour objectif de les motiver dans le maintien de leurs acquis respiratoires et physiques (maintien primordial de l’activité quotidienne régulière).

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    IV - Organiser sa vie avec une BPCO… c’est possible !


    Monsieur Jean-Claude Roussel


        • Que peuvent leur apporter les personnes de l’entourage?

    Il est possible d’aider les personnes atteintes de 2 façons différentes, selon que le diagnostic de

    BPCO a été fait ou non :

    • Si le diagnostic n’a pas été fait… On peut apporter une aide précieuse à la personne malade en lui faisant prendre conscience de ses difficultés respiratoires. Nombre de patients banalisent leurs symptômes, qu’ils attribuent à l’âge ou à la cigarette. D’autres s’habituent ou compensent leurs troubles inconsciemment. Il ne faut pas hésiter à leur dire que ce n’est pas normal d’être essoufflé comme ils le sont, et qu’ils devraient en parler à leur médecin…
    • Si le diagnostic a été fait, l’entourage peut aider le patient à passer des caps difficiles, comme l’annonce de la maladie et les exacerbations. Les proches peuvent également jouer un rôle important dans le maintien des acquis de la réhabilitation en l’accompagnant dans diverses activités physiques et en évitant de se substituer à lui dans la vie quotidienne. Les associations et les « patients formateurs » peuvent aider les patients lors de cette phase. Complément d’informations sur : www.ffaair.org

        • Quand on a besoin d'oxygène à la maison, comment cela peut-il être organisé ?

    Il n’est pas difficile de mettre en oeuvre une oxygénothérapie à domicile. Le médecin se charge de l’ordonnance, en précisant bien évidemment la quantité et la durée de l’oxygénothérapie. La prescription est communiquée à un prestataire qui appareille, sur place, le malade.

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        • Peut-on voyager avec une BPCO ?

    On peut toujours voyager avec une BPCO, à condition d’en parler avec son pneumologue et de s’organiser. Ainsi, il faut partir avec une quantité suffisante de médicaments, une ordonnance et les documents de convention de la sécurité sociale avec les services médicaux locaux. Les compagnies d’assistance peuvent parfois apporter leur aide sur place en cas d’appareillage (oxygénothérapie).

    La FFAIR organise des séjours vacances en famille, en toute sécurité, avec éventuellement des aides

    pour les personnes en difficulté.

    Des travaux sont en cours pour rendre le transport en avion plus aisé, grâce à des appareils portables qui extraient l’oxygène de l’atmosphère. Ces dispositifs, qui fonctionnent sur batteries, évitent le transport de bouteilles d’oxygènes.

    Dans tous les cas, un malade sous oxygène qui veut prendre l’avion doit en avertir lacompagnie aérienne.


        • Peut-on être opéré quand on a une BPCO ?

    Oui, encore faut-il se préparer avec beaucoup de rigueur. Il faut tout dire à son chirurgien et à son

    anesthésiste, même les petits détails qui peuvent sembler sans importance, et leur signaler en

    particulier tous les médicaments pris habituellement.

    Dans ce cas, mieux vaut lister par anticipation toutes les questions et informations nécessaires en

    préparant son dossier médical, pour le communiquer à l’équipe chirurgicale.

    Et, bien sûr, il faut arrêter de fumer plusieurs semaines avant l’opération : un tabagisme poursuivi

    augmente considérablement les risques liés à la chirurgie et l’anesthésie…

    ***

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     Affiche journée BPCO

     

    Par BEATRICE SCHOBER - Dernière modification 20/03/2009 20:18
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